Aux lecteurs ©

Ah ! Je vous méprise et je vous hais ! Stériles
Esprits qui reniflez mes rimes fébriles
Et qui susurrez des farces en prétendant
Connaître leur sens mieux que votre cul pendant
Aux lecteurs ©

# Posté le dimanche 17 mai 2009 11:22

L'absinthe et la boîte à musique ©

C'était lors d'une nuit où terrible j'errais
L'âme éventrée, la tête dans mon verre
Une de ces nuits-là où âcre on erre
Ses rêves décimés par un souffle épais

S'élève alors du néant un chant divin
La fée verte en moi tait d'emblée ses cris vains
Le tumulte débile de mes cauchemars
Dans mon corps meurt et j'écoute, les sens épars

Mince et fragile comme une fumée
Monte du néant cette musique pure
Mon Dieu faites qu'elle dure, oui ! Dure !
Car ce chant vertueux éteint en moi les fées


mars 2009
L’absinthe et la boîte à musique ©

# Posté le dimanche 10 mai 2009 13:06

Modifié le dimanche 17 mai 2009 11:28

La gamme ; hommage à Rimbaud ©

La gamme ; do, ré, mi, fa, sol, la, si
Sept fragrances aux visages farcis

Do ; pupille blafarde des génies
Terre bleue où marchent les décennies
Do, claquant d'éclats de vagues qui grondent
Miroir liquide et tout traversé d'ondes

Ré ; doux sursaut des gorges roucoulantes
Paume posée sur les herbes frisées
Ré, vert pré hérissé d'ombres moulantes
Ecailles des sirènes dégrisées

Mi ; fracas soûls de soleil sur les sables
Or jaune dans les cheveux d'une blonde
Mi, pureté de ces amants blâmables
Qui s'aiment nus dans les foins loin du monde

Fa ; chrysalide fendue et moirée
Lèvres mauves de ces femmes gelées
Fa, écho médiéval des soirées
Couteau mouillé près des prunes pelées

Sol ; étalon noir mort dans les sous-bois
Dans ces chambres endormies inviolables
Sol, et l'encre qui coule entre tes doigts
Couleur des âmes de maris louables

La ; chair des hommes et des fruits mordus
Embrasement d'une gorge baisée
La, dague rouge dans un sein tordu
Chatoiement ému des bouches braisées

Si ; Et l'étrange incendie des navires
Cigogne qui trépasse avant l'aurore
Si, formidable rire qui chavire
Tous ces vieux rêves qui souffrent encore


Hommage à Rimbaud


Ophile, achevé le 8 mai 2009
La gamme ; hommage à Rimbaud ©

# Posté le vendredi 08 mai 2009 17:22

Modifié le dimanche 17 mai 2009 11:29

Saisissement ©

Saisissement ©
Passion fervente
Révoltée, démunie
Entre mes lèvres servantes
Nos doubles dans la nuit unis
Deux illusions trop brèves
Souffles dans mon c½ur qui rêve

Mystique halo blanc
Odeur étampée à mon flanc
Idyllique relent




Ophile 24 avril 2009

# Posté le vendredi 24 avril 2009 21:40

Quand j'ai voulu vivre ©

Quand j'ai voulu vivre ©
Un réveil est toujours une erreur. Un jour, pourtant, je me suis réveillé dans le monde, et j'ai su que la vraie vie était inaccessible à l'homme. Je me savais alors le seul à ne pas dormir.
Je n'ai pas attendu longtemps avant de quitter ma maison. J'ai enlevé tous mes vêtements et j'ai foutu le camp. J'ai marché longtemps tout nu avant qu'on me remarque vraiment. C'est une vieille femme obèse qui m'a vu d'abord, comme je passais devant chez elle alors qu'elle arrachait des herbes dans ses plates-bandes. Elle n'a rien dit, mais elle est rentrée chez elle à la hâte en me faisant entendre les charmants clapotis de la peau de ses cuisses qui se heurtaient à chacun de ses pas. Je me suis demandé si elle prendrait très longtemps à se décomposer, vu l'abondance de sa chair.
Plus loin, des policiers en char m'ont arrêté. Je leur ai dit que j'appartenais désormais au monde, et que donc je n'éprouvais pas l'envie de me vêtir, ni l'envie de les suivre.
Alors ils m'ont enfoncé dans leur char et ils m'ont emmené.
J'ai pissé sur la banquette.

Au bureau ils m'ont imposé un habit et ils m'ont interrogé. Ils m'ont demandé mon nom. Je leur ai dit que je n'en avais pas, que d'ailleurs eux non plus n'en avaient pas, et que c'était quelque chose de vraiment très vaniteux que d'affirmer avoir quelque autre identité que celle d'appartenir à la vie. Ils m'ont demandé mon âge et mon adresse. J'ai dit que l'âge n'était qu'un terme sans fondement que les hommes utilisaient pour tenir leur vie en laisse. Qu'or moi, je ne tenais plus ainsi mon existence pincée entre les deux doigts tordus de la civilisation. Que je n'avais en ce sens pas d'âge. Qu'on ne pouvait pas même savoir si j'étais jeune ou vieux, car si le lendemain je devais mourir, alors je serais vieux. Mais que si ma mort était encore lointaine, j'étais forcément jeune. Comme je ne savais pas quand devait être ma mort, je ne pouvais pas leur assurer si j'étais jeune ou vieux. Pour ce qui était de mon adresse, je leur ai dit que j'étais vivant et que cela était la seule adresse que je me connaissais, ignorant encore tout de la mort. Ils m'ont giflé et m'ont dit d'arrêter avec mes conneries. Je leur ai dit que c'était eux qui étaient cons de croire être de la vie. Alors ils m'ont enfermé dans une cellule. J'en ai profité pour enlever l'habit qu'ils m'avaient donné.

Je ne suis jamais sorti de prison. J'ai été placé dans un asile.
Je sais maintenant que la vraie vie est inaccessible à l'homme, même à celui qui le sait, car il est interdit d'être éveillé quand on est de l'humanité.

Ophile 17 avril 2009
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# Posté le mercredi 22 avril 2009 21:32

Embrasement ©

Embrasement ©
Écoute le bruit du levant
Mon astre matin au devant
- Bonheur d'un silence brisé
Rouge sous les rayons frisés
Ainsi dansant sur ma peau nue
- Soupirer ! Trembler ingénue !
Sans oublier les bateaux d'or
Entrevoir le cuivre des cors !

Mon seul désir est simple et pur
Ombre timide sur le mur
Impatiente sois-en bien sûr !


Ophile
1 avril 2009

# Posté le jeudi 09 avril 2009 08:44

Modifié le dimanche 17 mai 2009 11:09